Étude sur la résilience

En bref

Comme chaque année, l'Observatoire de la compétitivité publiait en 2021 son Bilan. Intitulé "Bilan Compétitivité et Résilience", il comporte une analyse conceptuelle de la notion de résilience produite par Luxembourg stratégie. Marquée par le contexte de la pandémie du coronavirus, cette publication a fait suite au "Bilan compétitivité 2020 " dont le sous-titre était Vulnérabilité et résilience.

Les pandémies, la raréfaction de ressources, le changement climatique, la digitalisation ou les ruptures géopolitiques étant des mégatendances importantes, l'occasion était donnée de mieux comprendre la capacité plus générale du pays à résister à des chocs d'origines internes ou externes. La capacité d'une économie à se relever rapidement et vigoureusement ou à se reconstruire en mieux est ensuite un marqueur instructif de sa compétitivité.

Aussi, pour saisir ces interconnections au Luxembourg, l'étude se concentre sur les tableaux de bords de la résilience de la Commission européenne (ou Resilience Dashboards) et examine leur pertinence dans le contexte national. L'analyse développe ensuite différents thèmes:

  • La résilience est devenue populaire et elle sert différents objectifs interprétatifs. La résilience d'une personne n'est pas forcément la résilience d'une autre personne.
  • Sa définition a évolué dans le temps et suivant les disciplines. Après avoir été appliquée à différents secteurs d'activités elle sert désormais à qualifier des systèmes
  • La résilience est une notion féconde pourvue qu'elle serve à mesurer autre chose que ce que peuvent recouvrir des notions existantes similaires comme la durabilité, la compétitivité, la résistance ou le risque.
  • Les Resilience Dashboards de la Commission européenne sont une manière parmi d'autre de rendre la résilience saisissable et de l'évaluer pour l'économie luxembourgeoise
  • L'analyse de la résilience au Luxembourg invite à prendre en compte les spécificités d'une petite économie, importatrice, ouverte et quasiment dépourvue de ressources en matières premières: des chocs aux stocks?

En résumé

Une notion populaire, passée du monde académique aux mondes politiques et économiques

Issue de la science des matériaux et de la psychologie, la résilience a été incorporée à l'écologie, la sociologie, la géographie ou à l'économie. Sous l'effet des récentes crises économiques et financières, de la pandémie du coronavirus ou du changement climatique menaçant de plus en plus les existences et les infrastructures, il est aujourd'hui devenu courant de concevoir la résilience comme une réponse prometteuse pour faire face à différents types de vulnérabilités et de difficultés dans la gestion des risques. Ainsi, de nombreuses définitions de la résilience ont vu le jour. Elles se recoupent sur une conception élémentaire de la résilience comme une "capacité de rebondir après un choc ".

Comprendre la résilience en général par comparaison avec la durabilité

Résilience et durabilité sont deux concepts distincts, notamment dans le sens où le premier se réfère à un moment ponctuel lié à une perturbation, alors que le second cherche à s'inscrire dans le temps long. Le débat est aussi ouvert sur la nature et le degré de la transformation ou de la transition que ces termes impliquent (de la simple reconstruction à l'identique, en passant par la redondance jusqu'à la rupture et au changement systémique). Beaucoup reconnaissent cependant que ni l'un ni l'autre n'apporte de solution universelle ou inévitable aux défis du présent. Aussi convient-il de former des attentes réalistes par rapport à ce qu'un système durable ou résilient peut effectivement fournir, en fonction du degré d'incertitude et de risque qu'une société est prête à accepter.

Comprendre la résilience luxembourgeoise par la comparaison européenne

La Commission européenne a produit ses premiers tableaux de bord de la résilience en 2021. Ils ont pour objectif d'évaluer la résilience des États membres en identifiant les points forts, les possibilités d'amélioration, et les vulnérabilités de chaque pays. Suivant cette étude, les résultats du Luxembourg semblent favorables pour la résilience sociale et économique, plutôt au-dessus de la moyenne pour les aspects environnementaux et digitaux, et davantage mitigés suivant la dimension géopolitique. Néanmoins, il ressort que là où le pays est vulnérable, il dispose également d'un fort potentiel pour faire faces aux menaces.

Les différentes manières d'évaluer la résilience sont parfois redondantes et parfois insuffisantes.

En comparant l'approche de la Commission européenne pour analyser la résilience avec celle qu'elle utilise pour les Objectifs de développement durable puis avec celle déployée pour les cadres nationaux du 3e Plan National pour un Développement Durable (PNDD) et de l'évaluation de la compétitivité économique, plusieurs enseignements ressortent. L'un d'entre eux est la grande similarité dans les manières dont la Commission évalue résilience et développement durable. Si ensuite des différences apparaissent dans l'évaluation nationale du développement durable et de la compétitivité, il apparait que l'appréciation de la durabilité/ résilience digitale et géopolitique, encouragée par la Commission, manque au Luxembourg. La comparaison permet de saisir l'utilité relative des modes d'évaluation et d'appréhender là où les connaissances sont insuffisantes.

La résilience luxembourgeoise commence par l'évaluation de la résilience

Il serait donc utile de faire évoluer la mesure de la résilience pour l'adapter davantage au contexte national, de la même manière que cela a été fait pour l'analyse du développement durable ou de la compétitivité pour générer des enseignements véritablement nouveaux par rapport à ces deux cas. Pour cela, il s'agit (i) d'énoncer clairement les présupposés et les définitions qui sous-tendent cette mesure afin de renforcer sa crédibilité (la résilience est-elle notamment un état, un processus ou une 'durabilité bis'?), (ii) de distinguer sa mesure des autres types de mesure comparables existantes afin de démontrer sa valeur ajoutée (quitte à générer de nouveaux indicateurs prenant mieux en compte les limites planétaires) et (iii) d'élargir le champ des vulnérabilités et des risques observés afin de soutenir sa pertinence.

 

En détail

Bilan 2021

Chapitre résilience

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